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Un chemin et des mots
24 décembre 2010

Le Conte de Noël

En ce soir de réveillon, j'avais envie de partager avec vous un conte que j'aime beaucoup.

Le Conte Chaud et Doux des Chaudoudoux

Il était une fois, dans des temps très anciens,des gens qui vivaient très heureux.
Ils s'appelaient Timothée et Marguerite et avaient deux enfants,chaudoudoux03
Charlotte et Valentin.
Ils étaient très heureux et avaient beaucoup d'amis.
Pour comprendre à quel point ils étaient heureux,
il faut savoir comment on vivait à cette époque-là.
Chaque enfant, à sa naissance, recevait un sac plein de chaudoudoux.
Je ne peux pas dire combien il y en avait dans ce sac
on ne pouvait pas les compter.
Ils étaient inépuisables.
Lorsqu'une personne mettait la main dans son sac,
elle trouvait toujours un chaudoudou.
Les chaudoudoux étaient très appréciés.
Chaque fois que quelqu'un en recevait un,
il se sentait chaud et doux de partout.
Ceux qui n'en avaient pas régulièrement
finissaient par attraper mal au dos,
puis ils se ratatinaient, parfois même en mouraient.
En ce temps-là,
c'était très facile de se procurer des chaudoudoux.
Lorsque quelqu'un en avait envie,
il s'approchait de toi et te demandait :
  Je voudrais un chaudoudoux .
Tu plongeais alors la main dans ton sac
pour en sortir un chaudoudou de la taille d'une main de petite fille.
Dès que le chaudoudoux voyait le jour,
il commençait à sourire et à s'épanouir
en un grand et moelleux chaudoudoux.
Tu le posais alors sur l'épaule, la tête ou les genoux,
et il se pelotonnait câlineusement contre la peau
en donnant des sensations chaleureuses
et très agréables dans tout le corps.
Les gens n'arrêtaient pas d'échanger des chaudoudoux.
et, comme ils étaient gratuits,
on pouvait en avoir autant que l'on en voulait.
Du coup, presque tout le monde vivait heureux
et se sentait chaud et doux.
Je dis « presque »,
car quelqu'un n'était pas content de voir
les gens échanger des chaudoudoux.
C'était la vilaine sorcière Belzépha.
Elle était même très en colère.
Les gens étaient tous si heureux que personne
n'achetait plus ses philtres ni ses potions.
Elle décida qu'il fallait que cela cesse
et imagina un plan très méchant.
Un beau matin,
Belzépha s'approcha de Timothée
et lui parla à l'oreille tandis qu'il regardait
Marguerite et Charlotte jouer gaiement.
Elle lui chuchota :
« Vois-tu tous les chaudoudoux que Marguerite donne à Charlotte ?
Tu sais, si elle continue comme cela, il n'en restera plus pour toi ».
Timothée s'étonna :
« Tu veux dire qu'il n'y aura plus de chaudoudoux dans notre sac
chaque fois que l'on en voudra un ? »
« Absolument, répondit Belzépha. Quand il n'y en a plus, c'est fini ».
Et elle s'envola en ricanant sur son balai.
Timothée prit cela très au sérieux, et désormais,
lorsque Marguerite faisait don d'un chaudoudoux à quelqu'un d'autre que lui,
il avait peur qu'il ne lui en reste plus.
Et si la sorcière avait raison ?
Il aimait beaucoup les chaudoudoux de Marguerite,
et l'idée qu'il pourrait en manquer l'inquiétait profondément,
et le mettait même en colère.
Il se mit à la surveiller pour ne pas qu'elle gaspille les chaudoudoux
et en distribue trop aux enfants ou à n'importe qui.
Puis il se plaignit chaque fois que Marguerite donnait un chaudoudoux
à quelqu'un d'autre que lui.
Comme Marguerite l'aimait beaucoup,
elle cessa d'offrir des chaudoudoux aux autres
et les garda pour lui tout seul.
Les enfants voyaient tout cela,
et ils pensaient que ce n'était vraiment pas bien
de refuser des chaudoudoux à ceux qui vous en demandaient
et en avaient envie.
Mais eux aussi commencèrent à faire très attention à leurs chaudoudoux.
Ils surveillaient leurs parents attentivement,
et quand ils trouvaient qu'ils donnaient trop de chaudoudoux aux autres,
ils s'en plaignaient.
Ils étaient inquiets à l'idée que leurs parents gaspillent les chaudoudoux.
La vie avait bien changé :
le plan diabolique de la sorcière marchait !
Ils avaient beau trouver des chaudoudoux à chaque fois
qu'ils plongeaient la main dans leur sac,
ils le faisaient de moins en moins et devenaient chaque jour plus avares.
Bientôt tout le monde remarqua le manque de chaudoudoux,
et tout le monde se sentit moins chaud et moins doux.
Les gens s'arrêtèrent de sourire, d'être gentils,
certains commencèrent à se ratatiner,
parfois même ils mouraient du manque de chaudoudoux.
Ils allaient de plus en plus souvent acheter des philtres
et des potions à la sorcière.
Ils savaient que cela ne servait à rien,
mais ils n'avaient pas trouvé autre chose !
La situation devint de plus en plus grave.
Pourtant la vilaine Belzépha ne voulait pas que les gens meurent.
Une fois morts, ils ne pouvaient plus rien lui acheter.
Alors elle mit au point un nouveau plan.
Elle distribua à chacun un sac qui ressemblait beaucoup
à un sac des chaudoudoux, sauf qu'il était froid,
alors que celui qui contenait les chaudoudoux était chaud.
Dans ces sacs, Belzépha avait mis des froids-piquants.
Ces froids-piquants ne rendaient pas ceux qui les recevaient chauds et doux,
mais plutôt froids et hargneux.
Cependant, c'était mieux que rien.
Ils empêchaient les gens de se ratatiner.
À partir de ce moment-là,
lorsque quelqu'un disait :
« Je voudrais un chaudoudoux »,
ceux qui craignaient d'épuiser leur réserve de chaudoudoux répondaient :
« Je ne peux pas vous donner un chaudoudoux,
mais voulez-vous un froid-piquant ? ».
Parfois, deux personnes se rencontraient en pensant
qu'elles allaient s'offrir des chaudoudoux,
mais l'une changeait soudain d'avis,
et finalement elles se donnaient des froids-piquants.
Dorénavant,
les gens mouraient presque plus,
mais la plupart étaient malheureux,
avaient froid et étaient hargneux.
La vie devint encore plus difficile :
les chaudoudoux qui au début étaient disponibles
comme l'air que l'on respire, devinrent de plus en plus rares.
Les gens auraient fait n'importe quoi pour en obtenir.
Avant l'arrivée de la sorcière,
ils se réunissaient souvent par petits groupes
pour échanger des chaudoudoux,
se faire plaisir sans compter,
sans se soucier de qui offrait ou recevait le plus de chaudoudoux.
Depuis le plan de Belzépha,
ils restaient par deux et gardaient les chaudoudoux l'un pour l'autre.
Quand ils se trompaient en offrant un chaudoudoux à une autre personne,
ils se sentaient coupable,
sachant que leur partenaire souffrirait du manque.
Ceux qui ne trouvaient personne pour leur faire don de chaudoudoux
étaient obligés de les acheter
et devaient travailler de longues heures pour les gagner.
Les chaudoudoux étaient devenus si rares
que certains prenaient des froids-piquants qui, eux,
étaient innombrables et gratuits.
Ils les recouvraient de plumes un peu douces pour cacher les piquants
et les faisaient passer pour des chaudoudoux.
Mais ces faux chaudoudoux compliquaient la situation.
Par exemple, quand deux personnes se rencontraient
et échangeaient des faux chaudoudoux,
elles s'attendaient à ressentir une douce chaleur
et s'en réjouissaient à l'avance et, au lieu de cela,
elles se sentaient très mal.
Comme elles croyaient s'être donné de vrais chaudoudoux,
plus personne n'y comprenait rien !
Évidemment comment comprendre que ses sensations désagréables
étaient provoquées par les froids-piquants déguisés en faux chaudoudoux ?
La vie était bien triste !
Timothée se souvenait que tout avait commencé
quand Belzépha leur avait fait croire qu'un jour
où ils ne s'y attendraient pas,
ils trouveraient leurs sacs de chaudoudoux désespérément vides.
Mais écoutez ce qui se passa.
Une jeune femme gaie et épanouie, aux formes généreuses,
arriva alors dans ce triste pays.
Elle semblait ne jamais avoir entendu parler de la méchante sorcière
et distribuait des chaudoudoux en abondance sans crainte d'en manquer.
Elle en offrait gratuitement, même sans qu'on lui en demande.
Les gens l'appelèrent Julie Doudoux.
Mais certains la désapprouvèrent
parce qu'elle apprenait aux enfants à donner des chaudoudoux
sans avoir peur d'en manquer.
Les enfants l'aimaient beaucoup parce qu'ils se sentaient bien avec elle.
Eux aussi commencèrent à distribuer à nouveau des chaudoudoux
comme ils en avaient envie.
Les grandes personnes étaient inquiètes et décidèrent de passer une loi
pour protéger les enfants et les empêcher de gaspiller leurs chaudoudoux.
Malgré cette loi,
beaucoup d'enfants continuèrent à échanger des chaudoudoux
chaque fois qu'ils en avaient envie et qu'on leur en demandait.
Et comme il y avait beaucoup d'enfants,
beaucoup d'enfants, presque autant que les grandes personnes,
il semblait que les enfants allaient gagner.
À présent,
on ne sait pas encore comment ça va finir.
Est-ce que les grandes personnes, avec leur loi,
vont arrêter l'insouciance des enfants ?
Vont-elles se décider à suivre l'exemple de la jeune femme et des enfants
et prendre le risque en supposant qu'il y aura toujours
autant de chaudoudoux que l'on voudra ?
Se souviendront-elles des jours heureux
que leurs enfants veulent retrouver,
du temps où les chaudoudoux existaient en abondance
parce qu'on les donnait sans compter ?

Claude Steiner et Pef


chri

Joyeux Noël a vous Tous

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Commentaires
G
Bah moi j'aime bine les froids-piquants... Non j'deconne, je prefere mes chaudoudoux, j'ai sus nome (je ne sais tjrs pas si ca se dit...) Celine et Nathan!
C
Ouiiii c'est vrai que je reconnais aussi Alice en Julie Doudoux ;)) <br /> <br /> et je revendique la chaudoudoux attitude mdr ! (qui me vient de Sabine !)
A
Lu jusqu'à la fin ! Avec de la fièvre siouplé ! loool<br /> Je suis très touchée par cette histoire, et je comprend mieux ta chaudoudoux attitude petite soeur ;)<br /> Je suis aussi très touchée par le commentaire de Biche ;)<br /> Bisous à tous !
G
Mega long mais super bon!
B
Bravo ! J'ai reconnu Alice déguisée en Julie !<br /> Joyeux Noël à la petite famille !
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