Adieu ...
Bonjour mes ptits lutins,
Comme je le disais ce matin sur FB (ici) , j'ai vraiment du mal à écrire en ce moment parce que je ressens tout et son contraire, passant d'un extrême à l'autre sans bien comprendre pourquoi.
Et pour être totalement honnête le message que je reçois en boucle c'est "Adieu."
Dire Adieu...
A tout ce que l'on était.
A tout ce que l'on croyait.
A tout ce que l'on connait.
A tout ce que l'on savait.
Dire Adieu à nos illusions.
Dire Adieu c'est accepter de laisser partir une partie de soi que l'on n'est plus.
Et c'est pas facile ... l'Adieu est définitif, ce n'est pas un au-revoir ou un "à tout a l'heure" ...
Nous sommes dans l'Adieu. En plein dedans. Tiraillés entre la tristesse de voir partir hier, hier qui nous est familier, hier auquel nous sommes attachés ... et la peur de Demain. Demain dont on ne sait rien encore. On avance péniblement entre espoir et appréhension.
On dit Adieu partout ... Au Québec en ce moment, en Egypte aujourd'hui, en France récemment ... Tout finit.
Tout finit oui et tout commence aussi ...
L'Adieu c'est aussi ouvrir une nouvelle page. Une page blanche. Nette. Sans tâche ni ombre. Sans chaine. L'Adieu c'est s'ouvrir à la Liberté ...
La Liberté de construire une nouvelle Egypte. Un nouveau Québec ...
La Liberté de construire une nouvelle vie. Un nouveau rêve.
La liberté de se construire encore plus proche de nous même, encore plus vrai.
L'Adieu, c'est lâcher l'ombre pour faire place à la Lumière ...
Alors pleurons un bon coup pour lâcher hier et séchons vite nos larmes parce que Demain est plein de promesses ... N'ayons pas peur ... n'ayons pas peur ...
Je vous embrasse bien fort, bien fort ...
A tout bientôt *et pas Adieu*
Mon Jardin
Bonjour mes ptits lutins,
Hier, un agent immobilier est venu faire visiter la maison à de potentiels acheteurs. Nous ne sommes pas propriétaires ici, c'est juste une location. Mais cette visite m'a fichu un coup ... vraiment. Elle m'a fait prendre conscience qu'un jour, on partira. Un jour, il y aura d'autres gens qui viendront vivre ici. J'ai du mal à m'y faire.
Cette maison... c'est un peu la mienne. Même si des fois je râle parce qu'il y fait froid l'hiver ... Le moindre espace est imprégné de moi, de mon énergie. Et le jardin ... ahhh le jardin. C'est un havre de paix et de sérénité, une oasis de verdure et de douceur dans un milieu sec et aride.
Il y a 2 ans, mon exil me pesait grandement, je n'en pouvais plus de vivre à Malte. GG avait donc fait tout un tas de démarches pour trouver un job a Paris et il s’était vu offrir un poste intéressant dans une start up qui le branchait bien. Sauf que le salaire était un peu inférieur au sien. J'avoue que j'avais tellement envie de partir que j’étais prête a faire ce sacrifice et GG aussi du coup ... Nous avions donc annoncé a tout le monde notre départ imminent.
Et puis le dimanche avant de conclure le contrat, nous avons été pique niquer sur la plage avec des amis. C’était en mai, il faisait beau ... les enfants s’éclataient a faire des châteaux de sable, Petit Samouraï s’était même baigné. Moi je papotais tranquilou avec les mamans, tandis qu'Altay disait fermement a GG : "Tu ne peux pas partir avec ce salaire ... c'est juste pas possible GG !
En rentrant sur Sliema le soir, on longeait la cote et je regardais cette méditerranéenne aux milles reflets bleus. J'avais passe une très chouette journee, GG et Petit Samouraï aussi. Je me disais que nous n'avions peut être pas été au bout de ce que pouvait nous offrir cette ile. GG aussi commençait à avoir de sérieux doutes, les propos d'Altay l'avait bien secoué ...En arrivant chez nous, nous n’étions plus sur du tout de vouloir partir. Ce dont j’étais sure par contre, c'est que je ne voulais plus vivre à Sliema, dans cette maison ou je me sentais si mal ... Les energies de la famille a qui elle appartenait étaient trop imprégnées et je n'arrivais pas, malgré mes multiples nettoyages a m'en débarrasser. Nathan dormait super mal dans sa chambre, et moi j'avais toujours l'impression d’être chez quelqu'un d'autre. aeeerrk ...
Après une longue concertation, discussion, mise au point ... GG et moi avons donc pris la decision de rester. Rester mais tout changer ou presque. Changer de maison, changer d’école pour Petit Samouraï, changer de vie pour moi ...
Et nous avons contacte les agences immobilières. Nous avions 2 critères : disponible avant le 1er juillet et une piscine et bien sur un budget.
J'avais sélectionnée 2 agences : 1 que je connaissais bien qui m'a fait visiter 3 maisons. 1 qui s'est avérée disponible plus tard, 1 dont le prix dépassait un peu notre budget et pour lequel nous pouvions négocier, 1 super mais les fenêtres d'une maison de retraite donnaient juste sur la piscine et j'aurais un peu eu l'impression d'etre dans Le Loft version Loanna et Jean Edouard (merci Google, j'ai été les chercher loin ceux la !) muahahaha !!! hum... on hésitait grandement quand même !
L'autre agent m'a montré que des trucs pourris ... mais genre plus pourris y a pas ... soit beaucoup trop cher, soit pas dispo, soit avec du marbre et du doré partout, soit on poireautait devant la porte parce que le propriétaire nous avait oublie, soit c'est lui il oubliait nos RV ... en fait il était tellement mauvais comme agent immobilier que j'avais franchement de la peine pour lui ... il sabotait tout c’était vraiment triste. J'ai compris plus tard pourquoi en rencontrant son père, un type puant l'ego a plein nez qui et écrasait tout le monde ... bref ... tout ça pour dire que celui là ne m'inspirait guère et pourtant il avait bien essaye de nous faire visiter une superbe maison au milieu de nulle part avec un grand jardin et une piscine ... mais il avait tourne des heures sans jamais la trouver. GG était exaspéré et ne voulait plus rien à voir avec lui ... moi hummm y avait un truc qui me titillait ... cette maison dont il parlait je sais pas ... On devait finalement aller la visiter un lundi mais il a de nouveau annuler car il ne savait pas comment s'y rendre. GG me disait de laisser tomber, d'autant plus qu'on avait vu le prix du loyer sur internet qui était plus de 1000 euros au dessus de notre budget ... mais j'insistais : je vais y aller toute seule ...Et j'y suis allée ... et j'ai découvert le Jardin Dallah. WAOW !
Bien sur j'ai halluciné sur la taille de la piscine même si celle ci était encore vide. Bien sur j'ai halluciné sur ce jardin luxuriant, cette verdure a profusion, ces arbres magnifiques, ces fleurs, ces couleurs ... je regardais partout pour ne pas en perdre une miette et je me disais que tout ça était trop beau, bien trop beau pour être vrai. On ne pouvait de toute façon pas se l'offrir ce petit paradis.
Quand je suis entrée dans la maison principale, j’étais conquise ... et quand j'ai vu la dépendance avec chambres, salle de bain, cuisine, j'ai cru rêver ! GG m'a appelé et je lui ai tout décrit ... il a bien sur senti mon enthousiasme et m'a dit : mais Céline, tu sais bien que c'est beaucoup trop cher ... arfff oui je sais ...
L'agent immobilier m'avait dit qu'il connaissait le propriétaire, que tout était négociable ... "So, ok, it's nice, but what about the price ? " Il m'explique alors que le propriétaire est son cousin, que c'est un homme plutôt "aisé", qu'il voyage beaucoup, qu'il a juste besoin de gens de confiance pour habiter et entretenir la maison. C'est la première fois qu'il l'a fait visiter parce qu'il a senti que nous étions des gens sérieux (ou alors il a voulu se rattraper de toutes les bourdes qu'il avait faites, j'en sais rien) et que dans ces conditions, notre budget lui convenait ... huummm j'avais vraiment du mal à le croire, et GG aussi le lendemain quand il est venu visiter à son tour ...C’était juste comment dire ? trop beau pour être vrai ... un truc de fou !
On a dit : "ok on prend" ... un peu ahuris il faut bien le dire. Puis nous avons été signé le contrat du bail quelques jours plus tard. Et c'est là qu'on a rencontré le fameux propriétaire ... Mark.
J'apprendrais plus tard grâce à une copine sorcière que nos routes s’étaient deja croisées quelque part en Afrique du nord ... C'est bien ce que j'avais senti :) En discutant un peu avec lui, il m'expliqua qu'il ne savait pas trop pourquoi il avait acheté cette maison... il ne l'avait jamais habitée et n'en avait pas l'intention non plus ... il avait flashé sur le jardin et avait la vison d'un lounge façon riad autour de la piscine ...L'Univers et ses mystères ...
Pendant 1 mois il a œuvré pour que tout soit prêt pour notre emménagement, j'ai pu ainsi choisir la couleur des portes et des fenêtres ... faire enlever ou garder les meubles que l'on voulait ...
Et voila le 1er juillet 2010, nous emménagions pour de bon dans cette incroyable maison que j'ai totalement fait mienne depuis ...J'ai un lien particulier avec cet endroit ... quelque chose qui me dépasse et m’échappe un peu.
Et imaginer que quelqu'un d'autre habitera la un jour... bouhouuu ça me rend toute chose. Je ne me fais pas trop de soucis concernant cette vente potentielle, Mark a précisé que la maison était à vendre avec ses locataires (je ne sais pas si il a conscience qu'en plus de nous il y a une tripoté de fantômes aussi :)
Ceci dit, il va falloir quand même que je me prépare à la quitter un jour cette maison, à me détacher d'elle pour m'envoler vers ailleurs...
Même si Petit Samouraï a eu une excellent idée l'autre jour ceci dit :
" - Maman, c'est bien dommage que papa ne soit pas bricoleur !
- ah oui pourquoi ?
- ba parce qu'il aurait construit une machine pour transporter notre maison et le jardin au Canada !"
Bon GG, tu sais ce qu'il te reste a faire ... y a plus qu'à :)
Je vous embrasse bien fort,
Prenez soin de vous...
A tout bientôt.
www.jracontemalife.com
Bonjour mes ptits lutins,
Aujourd'hui j'avais envie de vous parler de ma vie, de mon quotidien. Juste comme ça.
L’école de Petit Samouraï est à 1/2h de voiture a peu près de la maison. Il faut dire que nous vivons en pleine cambrousse et même à Malte qui est une petite ile, la cambrousse est au beau milieu de nulle part. Il existe bien des bus scolaires qui pourraient le prendre au village voisin et m’éviterait ainsi la route mais vu la conduite ahurissante des chauffeurs de van, j'avoue que je préfère de loin l'emmener moi même ... Ici avant l’entrée dans l'UE, les permis de conduire s'achetaient ... sans aucun cours ni test ... imaginez le résultat ... humppfff.
Son école est aussi au milieu de nulle part dans la cambrousse mais de l'autre cote de l'ile. Elle est vraiment chouette cette école. Au début, j'avais du mal avec les uniformes ... je trouvais ça trop strict, trop impersonnel, et puis au bout de 5 ans, je me rends compte que cela a l'avantage de faire disparaitre les différences sociales entre les enfants, tout le monde est logé a la même enseigne, tout le monde porte les mêmes vêtements ...
Avant que la cloche sonne, les enfants se mettent en rang et disent une prière. Ce n'est pas une école catholique et pourtant ici c'est prière 3 fois par jour ... Pareil au début j’étais résistante a ce "lavage de cerveau", je me rends compte aujourd'hui que cela n'a aucune influence sur les croyances de Petit Samouraï mais sur son comportement oui. Il est éduqué avec des principes de respect, respect de ce qu'il a dans sa lunch box, respect de ses petits camarades ... c'est pas une option a l’école mais un devoir ... et je trouve ça plutôt bien.
Par contre il ne croit pas en Jésus, "parce qu'il l'a jamais vu "... et puis "franchement maman, être curé, c'est vraiment pas terrible comme job " - c'est pas moi qui le dis :)
Parfois il est confronte à la réalité. Quand on rentre en France et qu'une vieille dame lui hurle dessus parce qu'il fait l'enfant à l'aquarium du Trocadero ... Ca n'arriverait jamais ici. Les adultes ne se permettent pas de crier sur les enfants des autres. C'est juste pas pensable dans leur culture.
Ou quand la cousine de son copains en visite a Malte, l'insulte ... on ne l'avait jamais insulté avant. La violence, la méchanceté, il ne connait pas ... pour de vrai.
Il évolue dans une bulle d'amour, de jeux, d'innocence en toute sécurité ... Je sais que c'est un luxe. un vrai luxe.
Vendredi c’était "Field Day" ou Jour du Sport si on veut ... Tous les enfants défilent sur la piste d’athlétisme comme aux JO, ils portent des dossards, font des activités sportives et reçoivent une médaille. Les parents assistent à tous ces petites démonstrations et c'est très convivial...
Ma copine Elisabeta était là avec le plus petit de ses garçons, il hurlait de douleur le pauvre... son oreille. Elle ne voulait pas partir parce que le plus grand avait répété dur sa danse et était super fier de pouvoir lui montrer ... La pauvre ne savait plus quoi faire ... J'ai senti son désarroi et mon cœur de maman s'est serré ... alors j'ai posé la main sur l'oreille du petit Ricardo, j'ai senti dans mon oreille à moi la douleur de l'enfant, et au bout de quelques minutes il a réussit a s'endormir dans les bras de sa mère ... 1/4h plus tard, il se réveillait et la douleur avait disparu au grand soulagement mêlé à l’incrédulité de sa maman... Dans ces petits moments là je me dis que c'est quand même bien pratique d’être "sorcière" ...
Et oui faire des soins ça fait désormais partie de mon quotidien ... une copine a mal au dos, une autre a des angoisses terribles, une autre encore se sent engluée dans une situation ... Et hop tout naturellement le processus de soin de met en place, même à distance. Soigner c'est bien plus qu'un métier en fait, c'est un mode de vie presque. Et soigner ce n'est pas seulement soulager les bobos mais c'est comprendre pourquoi ils sont arrives là, ce qu'ils nous apprennent et ce que l'on peut faire pour s'en débarrasser ...
Je me demandais pourquoi j’écrivais un article sur tout et rien comme ça ... et bien synchronicité surement mais on vient tout juste de me poser tout un tas de questions sur les soins ... synchronicité sans doute, cela fait 3 jours que j'ai une idée en tête, une idée qui murit et vient de trouver dans cet article la petite graine qui me manquait pour qu'il prenne vie, y a plus qu'à ...
Aller j’arrête de raconter ma life pour aujourd'hui,
Je vous embrasse bien fort,
Prenez soin de vous
A tout bientôt
Céline
Accepter
Bonjour mes ptits lutins,
Je viens vous reparler d'un concept ultra difficile a intégrer dans nos petites têtes humaines : l'Acceptation ...
Je ne sais pas si c'est le sang révolutionnaire qui coulent dans nos veines ou si c'est à cause de notre relation quasi sadomasochiste avec la souffrance, mais Accepter c'est mission impossible pour la plupart d'entre nous.
Accepter notre situation, telle qu'elle, qu'elle qu'elle soit.
Accepter ce que l'on est. Totalement.
Accepter les autres aussi tels qu'ils sont, sans les juger ni vouloir les changer.
Accepter que tout est parfait. Que l'Univers sait ce qu'il fait et qu'il n'y a qu'à se laisser guider.
Mouais ... Moi même, j'ai beau trouver le concept tres prometteur, plutôt juste et très beau ... j'ai du mal.
Je n’arrête pas de me plaindre ici et là de mes rondeurs ... Vous me direz : "nan mais bowdel (avec l'accent dans le texte!), arrête de te plaindre et mets toi au régime une bonne fois pour toute!" Yep ... C'est ce que j'ai fait il y 10 jours.
Sauf que ... je vous l'ai deja dit, mon corps c'est mon baromètre, il dépend invariablement de mon état émotionnel, énergétique et mental. Et si je le force à faire ce qui n'est pas juste pour moi ... ça ne marche pas.
Perdre drastiquement ces kilos sans les avoir accepter ... il refuse...cela fait donc 10 jours que je fais une grossesse nerveuse. Je suis censée perdre du poids vu mon régime alimentaire, mais je gonfle, je gonfle, je gonfle tellement que Petit Samouraï m'a gentiment fait remarque samedi dernier (avec la délicatesse légendaire des enfants ...) : "ohh maman on dirait que t'es encore enceinte !" ... humpppfff (donner moi une corde que je me pende là tout de suite !)
J'ai pleuré toute la journée ... je refuse de me mettre en maillot de bain alors que tout le monde se baigne dejà ... Je ne trouve plus de vêtements qui me conviennent ... et en plus de tout ça, ces gonflements me donnaient des douleurs épouvantables. Je dis me "donnaient" parce que le déclic est venu ... Hier en me regardant agir avec mes enfants.
Je suis une maman louve. Je les aime inconditionnellement et mon unique motivation est leur bien être. Et pourtant, je dois parfois user d’autorité et d’austérité avec eux dans leur propre intérêt. Ainsi, j'ai refusé à Petit Samouraï de regarder comme il voulait et quand il voulait youtube sur l'Ipad ... parce que je voudrais pas dire mais même les légos font des trucs pas catholiques sur youtube ... *mode shocking on* humppfff. Et il ne comprend pas ... il se sent puni, il crie a l'injustice, se rebelle, tape de colère sur le canapé ... J'ai beau essayé de lui expliquer, il ne s'en sent pas moins triste ou fâché ...
Pareil pour bébé lumière qui cette semaine était tellement fatigué qu'il n'arrivait plus a s'endormir. Malgré ses pleurs et son envie de jouer parce que c'est tellement mieux de jouer que dormir ... Je le berçais tendrement sans lâcher pendant des heures jusqu’à ce qu'il s'endorme. Parce qu'une maman sait ce qui est juste pour son enfant.
Tout comme l'Univers sait ce qui est juste pour nous. On a beau des fois vociférer, taper du poing ou du pied, on a beau pleurer tant et tant ... rien n'y fait. Sans doute parce que nous n'avons pas toutes les cartes en main ... sans doute parce que certaines choses nous dépassent, dépassent notre comprehension... On s'agite comme des enfants mais ça ne sert a rien ... ça ne fera pas changer le cours des choses.
Accepter ne veut pas dire renoncer.
Accepter ne veut pas dire non plus se résigner, se résoudre ...
Accepter c'est consentir volontairement à recevoir ce qui est proposé. C'est lâcher la souffrance qui accompagne la situation, les événements ...
bon je sais c'est facile à dire ... et il y a des souffrances qui sont tellement violentes que mes jolis discours n'y changeront rien.
Je sais. Je sais ...
Vous avez le droit de souffrir ... bien sur ... et vous avez aussi le droit d'adoucir votre souffrance ... en acceptant que l'univers est une maman louve qui berce vos pleurs, veille sur vous... et que tout ira bien. tout ira bien.
Je vous embrasse bien fort,
prenez soin de vous
A tout bientôt ...
Mon TitiNou
Il est heureux. Tout simplement heureux.
Heureux d’être ce qu'il Est.
Heureux de faire ce qu'il Fait.
Heureux d’être marié avec la femme qu'il aime et qui le lui rend bien.
Heureux de vivre la ou il Vit même si ça lui donne un drôle d'accent.
C'est peut être parce que la vie lui en a fait voir de toutes les couleurs qu'aujourd'hui il sait en apprécier la moindre nuance.
C'est peut être parce que son âme chante et nous fait vibrer tout autant que sa voix.
C'est un artiste. un grand Artiste, qui dessine sa vie au gré de sa passion.
Et nous savons tous que "si le bonheur existe, c'est une épreuve d'artiste", en tout cas Cézanne lui le sait bien ;)
Il avance en suivant son étoile ... et il rayonne comme un soleil.
Il existe entre lui et moi un lien ineffable, unique, bien au delà des liens du sang qui nous unissent.
Il sent quand je suis mal, je sais quand il a besoin de me parler. Entre nous, pas besoin de mots. Même loin.
Il me manque parfois, on se parle souvent. On partage tout, nos doutes, nos rêves, nos envies, nos soucis.
Tout petit deja, je prenais soin de lui. Il est mon alter ego, mon confident, mon complice, mon Titinou tout mou.
Il est le Tonton Sauveur. Le Redj. Le Hérisson. L’Autruche.
Il est mon Frère et je l'aime, c'est écoeurrant...
Que j'aimerais pouvoir te serrer fort dans mes bras aujourd'hui.
Joyeux Anniversaire ptit frère ou Bonne Fête comme on dit chez toi !
Ca yoyotte !
Bonjour mes ptits lutins,
Cela fait quelques jours que j'ai très envie d’écrire un article sur le plaisir ... mais la je dois avouer que les energies du moment sont tellement violentes que je vais un peu m'attarder dessus.
Je yoyotte, tu yoyottes, il-elle yoyotte, nous yoyottons, vous yoyottez, ils yoyottent. Du verbe yoyotter, 1er groupe : sensation d’être baladé au bout d'une ficelle qui monte et qui descend a une vitesse vertigineuse. Perte de contrôle totale.
Champion yo-yo master Jensen Kimmitt
Voila a peu près a quoi se résument nos vies actuellement. Lui la avec ses grosses baskets et son grand sourire, c'est l'Univers, et les petites trucs multicolores qui pendouillent au bout, ba c'est nous ... humpfff ...
On passe du rire aux larmes, de la colère a la placidité, du doute a l'espoir en l'espace d'une seconde, vlan on se retrouve retourné comme une crêpe sans comprendre ce qui nous arrive. Il suffit d'un rien, une étincelle, un mot, un sourire, un geste, un placard rempli de fringues trop petites ... et ça part en vrille. total. Nos réactions sont imprévisibles et extrêmes...
Welcome to the mois de Mai 2012 ...
On lâche, on apprend, on nettoie, on avance, on recule pour mieux sauter aussi, on comprend, on se prend des vérités en pleine face, on vidange, on résiste, on refuse, on rejette, on freine et pourtant boum aie bobo. Quand nous n'arrivons pas a prendre une décision, l'Univers la prend a notre place d’où le aieuuuh ...
Alors j'ai une technique pour parer a tout ça, une technique piquée a Bébé Lumière : le rouler bouler ...Quand ça fait mal ou qu'on se sent inconfortable, on met sa tête dans les mains, on roule, on se retrouve a plat ventre ce qui nous permet d’éviter un maximum les coups et puis on relève la tête et hop d'un coup sec de la hanche, on roule a nouveau et on se retrouve un peu plus loin ... c'est une technique imparable et brevetée que la NASA m'envie ... essayer, vous verrez, c'est super efficace ;)
Bon tout ça pour dire que c'est pas facile, on comprend pas trop ce qui nous arrive ... le mieux sincerement c'est de laisser couler, d'accepter toutes les émotions qui nous traversent, que ce soit la colère, la tristesse, le découragement car elles ne font que passer (puis si elles durent, c'est qu'elles doivent nous montrer quelque chose) ...
J'ai passé dimanche une colère énorme sur Petit Samouraï, une colère qui ne m'appartenait pas. Bien sur après je m'en suis voulue vraiment. Faut pas ... c'est comme ça. Petit Samouraï, tout comme moi apprend a sortir de la bulle dans laquelle il vit. Il expérimente la colère de maman, la méchanceté des enfants, la sensation d’être différent parce qu'il est roux ... Il est confronte a la réalité de la vie ... C'est dur pour un cœur de maman louve. Mais c'est la vie. Lui aussi a des choses a lâché ...Et si je me rebelle contre ça, je vais souffrir encore plus. L'important c'est d'essayer de ne pas résister quoi qu'il arrive.
Accepter est le mot clé ...
Je vous embrasse bien fort tout plein.
A tout bientôt (pour un article sur le plaisir ... et pour vous mettre l'eau a la bouche, une tite chanson - qui ne va plus vous quitter de la journee gnac gnac gnac)
PS : moi aussi je vous ❤
Ma détox
Je lâche mes chagrins d'enfant,
je lâche mes angoisses d'hier,
je lâche mes incertitudes sur moi-même,
je lâche mes colères les plus amères,
je lâche mes rancœurs, mes frustrations,
je lâche mon impatience, ma révolte,
je lâche mes doutes sur demain,
je lâche mes hésitations d'aujourd'hui,
je lâche mes douleurs, mes manques,
je lâche mes regrets,
je lâche mes remords,
je lâche mes compulsions, mes impulsions,
je lâche mes bagages, mes limitations,
je lâche mes peurs mes inquiétudes,
je lâche ce qui m'encombre. Tout ce qui m'encombre.
Le cœur et le corps résistent ...difficile de devoir renoncer a certains liens, certaines habitudes.
Le cœur et le corps souffrent... mais ce renoncement est nécessaire.
Et la souffrance n'est qu'une expression de notre résistance a ce qui EST, une expression de notre rébellion contre la Vie. La souffrance c'est refuser de croire que tout est parfait. Même dans les situations les plus pourraves.
Tout est parfait, magnifiquement orchestré par l'Univers qui met tout en place pour nous.
Si j’arrête de lutter la douleur partira.
Alors je lâche aussi mes protestations, mes exigences, mes prétentions, mes plaintes.
J'accepte et j'accueille la vie telle qu'elle est la maintenant.
Je détoxique ...
Mon Petit Papa
Mon petit papa est né juste après la guerre. Son père, un jeune bourgeois n’a peut être jamais eu connaissance de son existence. Ma grand mère, enceinte a du quitter brutalement le foyer familial pour ne pas déshonorer son père. Etre fille mère a cette époque dans son village, ce n’était pas tolérable. Elle est partie emportant avec elle sa dignité et ce bébé qu’elle refusait d’abandonner. Elle fut accueillie dans une maison de maitre, ou elle est devenue femme de chambre. Sa condition l’empêchant de garder son fils près d’elle, elle fut contrainte de le placer dans l’orphelinat le plus proche. Et c’est chez des sœurs que mon père a donc grandit. Des religieuses pas très catholiques, qui avaient été placées la plus par obligation que par pure vocation. Des femmes frustrées, aigries, sévères, incapables de compassion. Je connais que très peu de détails sur cette période de sa vie, je suppose qu’il préfère oublier la rudesse de ses premières années. De temps en temps il parle de ce noël ou il avait été prive de visite, alors que sa mère avait fait des kilomètres a pieds pour le voir, sans doute parce qu’il avait désobéit au règlement …
Il est des punitions qui marquent un enfant.
Il est des enfances qui marquent un adulte …
Plus tard, il fut placé chez sa tante et son oncle gendarme. Je ne sais pas si c’est leur fils handicapé qui les avaient rendus aussi rigides mais la discipline était le mot d’ordre à la maison. Et on ne transige pas avec les garnements…. Je crois qu’entre l’orphelinat et la gendarmerie, le bambin qu’il etait n’a jamais côtoyé de près ou de loin la douceur d’un câlin.
C’est vers l’âge de 11 ans qu’il retrouve sa mère. Il part vivre avec elle dans le château ou elle travaille. Il y passe quelques douces années, il va a l’école, est le king du village avec sa mobylette : attention Herbal arrive !
Mais il ne peut continuer l’école, il part travailler quelques années plus tard chez un horticulteur. Il se decouvre une passion, un amour infini pour la nature, les animaux ...
Bien plus tard, il montera a Paris ou il sera serveur Et c'est dans le wimpy du boulevard St Lazarre qu'il rencontre ma mere.
Ils se sont mariés un peu contre l’avis de leur famille. Je me suis toujours demandé s’ils l’avaient fait par esprit de contradiction ou par amour vraiment. Je crois que c’était plutôt un geste d’espoir. Deux écorchés vifs voulant prouver aux autres mais surtout a eux-mêmes qu’ils étaient capable d’aimer et de s’aimer de cet amour si beau, si fort, de cet amour qu'ils n'avaient jamais vraiment connu.
Je suis née de cet espoir, et j'ai grandit au rythme de leur disputes, de leurs séparations et réconciliations ... de leur divorce, remariage, déménagements et séparation de nouveau ...Ils ne peuvent vivre ensemble mais ne peuvent se résoudre à rester éloignés l’un de l’autre. Il existe entre eux un lien fascinant presque déroutant. Quelque chose de divin qui les unit et les sépare en même temps, un paradoxe. Leur relation ressemble à un équilibriste, courant le risque perpétuel de glisser tantôt dans une tendresse infinie, tantôt dans la colère et la destruction.
Le jour de leur mariage mon père a chanté : "je suis né pour t'aimer, et je serais toujours ainsi, tu restes la vie de ma vie ... " Il n'imaginait pas a quel point ce serait vrai.
Ils n'ont pas réussit a refaire leur vie chacun de leur cote. Avec les années, la colère et les frustrations s'apaisent et ils se retrouvent. Ils ont chacun leur apart encore mais je sens bien qu'ils vont finir par revivre ensemble pour de bon... une petite maison, chacun sa chambre, chacun sa télé, partageant leur tendresse, leurs repas, leur solitude, leurs souvenirs, et leur avenir ...
Voila je ne pouvais pas parler de lui sans parler d'eux ...
Mais Lui ne se résume pas a Eux. Car il est un vrai personnage a lui tout seul. Un Grand Monsieur dans le corps d'un petit homme. Un Show Man comme on n'en fait plus, avec ses blagues pourries qui ne font rire que lui, enfin nous aussi parfois... ses jeux de mots a la Maitre Capello que Petit Samouraï a bien du mal a comprendre ... son langage bien a lui : "J'ai eu eu dire", ses bruitages inimitables avec sa bouche et pourtant ce n'est pas faute d'avoir essayé avec mon frère ... ses coups de gueule, ses coups de cœur : le foot surtout le PSG, le rugby aussi. Avant de prendre sa retraite, il était barman dans un café parisien. The barman, le titi parisien avec sa chemise blanche et son gilet noir ...Derrière son bar, c’était le roi, tutoyant le rupin du 16e ou le SDF d’à cote. Tous lui vouaient un profond respect et une immense tendresse. Parce que tous savaient que derrière son humour un peu bourru et son air grincheux se cache une grande sensibilité.
Mon papa, il est petit oui, mais son cœur est immense, tellement grand qu'il est tout descendu dans l'estomac.
On n'a pas toujours su se parler ni se comprendre parfois... Il a généralement du mal a me voir autrement que comme sa petite fille et je lui reproche fréquemment de ne pas prendre assez soin de lui, d'aimer un peu trop le Ricard et les cigares. Mais il a toujours été la, dans l'ombre souvent, mais la avec son amour infiniment grand.
Il est un formidable papi qui s'occupent d'eux, les fait rire, leur apprends des mots bizarres comme "fleur de nave" ou "nanaaaaard" ou leur chante des chansons comme " le petit bonhomme en mousse" ...
Je suis heureuse que mes loulous aient un grand père comme lui. Ils sont fous de leur papi.
Je suis heureuse d'avoir un papa comme lui.
Et aujourd'hui je lui souhaite un très Joyeux Anniversaire.
Je t'aime fort mon ptit papa ❤
Je vais bien, tout va bien ... et je me soigne !
Bonjour mes ptits lutins,
L'article que j'ai écrit la semaine dernière a eu sur moi l'effet d'une petite bombe. Je sais qu'il a eu aussi sur certains d'entre vous des effets parfois apaisants, parfois moteur, comme la petite étincelle qu'il vous manquait pour avancer. J'en suis très fière et heureuse ...
Une petite bombe je disais donc ... bien oui, car accepter que j'ai un soucis "psy" bien plus profond que ce que je voulais bien voir par rapport a la nourriture, ce fut comme une tornade dans mon univers. Moi qui redoute souvent d’être taxée d’aliénée mentale (ouais rien que ça), je venais de tendre le bâton pour me faire battre ... arfff quelle cruche, quelle gourdasse et oui j'ose même le dire quelle grutasse !!!!
Et qui plus est je devais pour de vrai affronter cette nouvelle réalité qui a toujours été la mais que je faisais bien comme il faut pour l'ignorer : j'ai un problème. Moi qui suis censée aider les gens, mes amis, mes consultants, ma famille ... Moi qui fait la morale a mes proches pour qu'ils prennent soin d'eux et bien la clairement je ne vaux pas mieux car je m'auto-détruis silencieusement, insidieusement. Je me suis pris le miroir en pleine poire (aiiieuuh) Et la il faut bien l'avouer, c'est moi cette fois ci qui avais besoin d'aide parce que je pataugeais grave. Je ne savais même pas par ou commencer ni comment faire ... huumppfff ...
Mais on va voir quel docteur quand on est sorcière et thérapeute ? non parce que j'avais un peu fracassée la dernière psy que j'ai consulté, enfin fracasser ... disons qu'elle me servait juste a passer 1h en dehors de chez moi par semaine ... ce qui a l’époque était deja énorme et c'est justement ce qui m'avait amené a faire un travail énergétique et donc a découvrir le reiki et ma voie (voix). Alors je me suis posée la question essentielle que je me pose parfois : si j’étais une amie, je me donnerais quoi comme conseil ? be je me dirais : "viens me voir, je vais te faire une séance, ou alors je vais te faire un soin a distance et on va trouver ensemble l'origine de ce dysfonctionnement"... humppfff ... et bien finalement c’était plutôt un bon conseil ... J'ai décidé de me faire un soin, comme si c’était moi la patiente ...
Samedi, je suis allée dans mon cabinet, j'ai pris mes petites pierres, j'ai mis la musique que j'utilise en soin, j'ai allumée les bougies, fait bruler de l'encens. Et je me suis allongée sur la table. J'ai pose mes mains sur ma tête et j'ai senti l’énergie couler ... En passant sur le chakra du cœur, je m'entendais penser : "je suis seule, je suis toute seule, je ne devrais pas être seule" ... hummm ?! et puis tout a coup, les images, les ressentis comme un film, un flash back. Me voila petite fille ... tout prend sens. Les larmes que j'ai si longtemps retenues car j’étais une adulte dans le corps d'une petite fille ... toutes ces larmes sont sorties la d'un coup ... Je me suis assise sur cette table et j'ai parlé a la petite Céline. Je l'ai consolé, rassuré, on a fait la paix elle et moi.
Bien sur je vais continuer les soins parce que ce n'est pas totalement réglé, mais j'ai fait un grand pas et je suis en voie de guérison ... fiouuu ... intense hein ?
Nous sommes tous en train de vivre une petite révolution a l’intérieur, a l’extérieur ... De profonds changements s'operent ... On se sent bousculé de partout ... Je suis la si vous avez besoin de moi, n’hésitez pas... Je fais et ferais ce que je peux pour aider ceux qui me le demandent, ceux qui en ont besoin... Et si je ne réponds pas a tous vos mails ou demandes directement parce que les loulous me prennent du temps, sachez que je vous envoie quand même des soins a distance et d’après les retours que j'ai, c'est plutôt efficace. (ça m’épate d'ailleurs a chaque fois).
Prenez bien soin de vous.
Je vous envoie plein de soleil de mon ile.
A tout bientot
Sa Révolution
Bonjour mes ptits lutins,
Aujourd'hui je vais vous faire découvrir un texte magnifique qui m'a profondément touché. Il a été écrit par une Reine Égyptienne, Yasmine. Elle y décrit cette révolution de janvier 2011, sa révolution ... J'avais envie de vous le faire partager parce que quelque soit notre révolution, qu'elle soit politique, sociale, familiale, émotionnelle, personnelle ... Il ne faut pas baisser les bras et y croire ...
Je précise que le français n'est pas sa langue maternelle et qu'elle a gagné le Concours organisé par la bibliothèque francophone de la Bibliotheca Alexandrina avec ce texte ... merci a toi Yasmine de me permettre de le publier ici.
La révolution égyptienne, du rêve à la réalité
Ce 25 janvier je l’ai d’abord vécu en rêve, et je crois que je ne suis pas la seule. Cette vision floue et pourtant pénétrante d’un peuple qui se soulève, qui crie sa rage, qui libère une libido de liberté et de dignité longtemps étouffée ; qui ne l’a pas eue ? Qui n’a pas rêvé de foules débordantes, sorties en masse et criant à l’unisson ? Qui ne s’est jamais demandé si le peuple égyptien sortirait un jour de sa torpeur et aurait le courage de crier haut et fort ses droits, ne seraient-ce que les plus élémentaires ?
A moins qu’on ne soit vraiment anéantis par le palliatif psycho-politico-social à effet prolongé qui agit selon le principe «Une journée de gagnée ! », cette vision était probablement la seule à unifier le subconscient des égyptiens, le subconscient de toute une nation longtemps condamnée au silence et au refoulement.
Fatalement, la réalité n’en fut que plus belle. Rien n’égale la volupté (le mot est désuet, mais irremplaçable !) d’un rêve qui se réalise ou d’un mirage qui prend forme…
Mardi 25 janvier, version réalité : Des centaines de personnes manifestent contre l’abus du pouvoir, contre les injustices sociales et politiques, contre les difficultés du quotidien. « Everything is possible » dit le slogan écrit sous le pont de Manhattan, au cœur de New York. Mais Manhattan est justement un mirage pour ces jeunes rebelles car du coup le possible se teinte de rouge, de blanc et de noir… Les jeunes affluent, les centaines se multiplient, se quadruplent, se prolifèrent même… A la place Tahrir, au cœur de la capitale, aucune résistance n’a désormais le pouvoir de freiner ce torrent de sentiments ardents, cette avalanche humaine réunie sous le signe de la dignité ! La fièvre gagne toutes les villes d’Egypte. Alexandrie, Suez, Port-Saïd… Les milliers deviennent des millions… les sceptiques se convertissent… On vibre à l’unisson. On y croit ! On y croit !
Et moi ? Est-ce vraiment important de raconter mon expérience personnelle ? Pour une fois je n’ai aucune expérience personnelle ; elle se fond dans la masse, elle n’acquiert un sens qui si conjuguée à la première personne du pluriel. Oui, moi aussi j’ai fièrement et fiévreusement agité mon drapeau et crié des slogans, passé des journées et des nuits les yeux collés au petit écran, maudit l’absence de connexion internet et des réseaux cellulaires, réprouvé l’assommant couvre-feu, appréhendé les pillards et leur violence. J’ai chaudement pleuré nos jeunes martyrs, j’ai crié ma haine envers le régime et ses bourreaux, j’ai à peine géré mes nausées devant les discours du Grand Pharaon et compagnie. J’ai hurlé, juré, prié, supplié, espéré… et j’ai enfin libéré un grand cri jailli des profondeurs de l’âme, en cette mémorable après-midi du 11 février 2011.
Dix-huit jours d’émotions de toute sorte, atteignant parfois des niveaux insoutenables pour précipiter ensuite et remonter aussitôt, comme dans les montagnes russes. Et que la victoire fut belle ! Toutes ces rues inondées en quelques secondes, cette foule hétéroclite se souriant et se tenant par la main ; même les voitures roulant sur les trottoirs furent pardonnées ! (Que voulez-vous ? on ne change pas en dix-huit jours !!!)
Aujourd’hui, avec le recul, j’en apprécie encore plus la portée. Même les frustrations informatiques et communicatives d’alors me paraissent agréables ! Un peuple uni dans un rêve unique, qui se confond malgré les diversités religieuses, sociales et culturelles, qui ose réclamer ses droits et renverser un régime de fer, avec une foi inébranlable en dépit d’une anti-révolution des plus ravageuses et des plus dévastatrices…
Au-delà de la tournure que prend la situation actuelle, j’ose voir dans ces dix-huit jours un vrai miracle. L’étincelle de la liberté n’est pas prête de s’éteindre malgré les conflits et les guerres jacentes et sous-jacentes. Le réveil d’un peuple n’est ni banal ni anodin ! C’est en soi la plus grande des victoires, la plus garante d’une révolution idéologique qui, tôt ou tard, finira par donner ses fruits.
Je suis fière de moi, mais surtout, fière de nous.
Yasmine S.



















